L’œil du Monde

45 rue du 27 août 1944

 77400 Lagny-sur-Marne

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Réhabilitation des maisons

de Tafadek au Niger.

 

Un des membres actifs de l’association L’œil du Monde, Omar, est nigérien. Il nous permet une  ouverture sur des actions de dimension internationale.

Ces actions sont prévues en complicité avec l’association Tidawt dont il est aussi membre. Tidawt a pour but la défense de la culture touarègue.

 

 

                                          I.      Réhabilitation du village de Tafadek.

 

Les maisons de Tafadek abritaient des familles et servaient à accueillir les malades. Abandonnées lors de la rébellion des Touareg face à leur gouvernements, elles n’ont pas encore été reconstruites, faute de moyens.

Ce sont des maisons en briques d’argile. Elles demandent un entretien régulier. Aussi cet abandon de plusieurs années leur a-t-il été fatal.

·             Appel à volontaires

nous proposons un chantier de volontaires, comme il en existe pour la restauration de châteaux en France.

Les volontaires seront installés à la belle étoile. Les repas seront préparés par les jeunes du village.

·             Technique de construction

On fabrique d'abord les briques avec un mélange l'argile ocre et de terre ou de sable. On peut mélanger aussi avec de l'herbe ou du fumier pour fortifier. On les place dans des moules puis on les laisse sécher au soleil.

 

Les briques sont jointes avec un mélange du même ordre. Mais si vous mettez plus de sable, l'usure sera plus rapide car lourd, il s'en va plus facilement avec l'eau de pluie.

·             Les nouveaux aménagements prévus

Omar Habata et Jérémie Reichenbach prévoient d'installer un camping. C'est-à-dire une infrastructure d'accueil pour des officiels du pays qui voudraient un confort différent de la belle étoile. Des cases seront proposées en location pour une somme toujours raisonnable.

Un "hangar" abritera un bar où se tiendront des concerts de musique traditionnelle et moderne touarègue.

Petit à petit, des financements seront engagés pour améliorer l'état des routes et désenclaver la région.

 

 

                                       II.      Les richesses naturelles du site de Tafadek

·             Les sources thermales : chaudes et froides.

Au centre de l’Oued, au pied du village jaillissent des sources exceptionnelles d’eau très chaude. Suivant les moments de la journée et les saisons, la température de l'eau peut varier de 30° à 60°. De nombreux malades viennent pour s’y soigner.

Deux baignoires ont été construites pour pouvoir recevoir l'eau.

Bagori Al Hassan est l'animateur du lieu. Il rempli et vide les bassines, accompagne les gens pour prendre leur bain et les masse, toujours en souriant ou en riant.

La gestion financière et technique est assurée par Kawawa qui est maçon et chef des sources.

 

A la saison des pluies, à l'est de l'Oued, une source d'eau froide très pure emplit toute une zone au pied d’un rocher, inondant la moitié des troncs d’énormes palmiers Doum.

On s'y baigne de juillet à novembre en complément des sources chaudes.

Des tortues d'eau douce s'y promènent parfois. Il faut plonger pour les observer.

 

Enfin, partout dans l'ouest de l'Oued, il suffit de creuser à quelques centimètres pour obtenir une eau limpide. Les animaux le savent : ils en profitent pour s'abreuver à satiété.

 

·             L'argile rouge de la montagne du diable

Creusée à la main au flanc de la montagne du diable, à l'est de l'Oued, un peu au-dessus de la source froide, l'argile rouge soigne les maux de gorge et les maux de sein.

Les femmes s'en servent, sèche ou humide, pour protéger leur peau du soleil ou bien pour se maquiller. Elles aiment aussi la manger.

Les habitants de l'Oued la préparent sous forme de boules facilement transportables.

 

·             La végétation

Les palmiers Doum présentent beaucoup d'avantages. Leurs palmes sont utilisées pour faire des tresses avec lesquelles on tisse les nattes qui servent à la construction des tentes (Ehan). On fabrique aussi des cordes et le bois est aussi utilisé dans certaines constructions.

Leurs fruits sont comestibles. Les noyaux sont utilisés dans la médecine traditionnelle. On cuit le noyau, on le pile et on soigne des maux de ventre, etc.

Et ces grands arbres constituent des abris pour les familles et les malades, ou tout simplement les gens de passage, rares touristes, surtout locaux.

 

 

                                     III.      Histoire: pourquoi Tafadek a été abandonné.

 

·             Minorités touarègues et gouvernements post-coloniaux

A partir de 1963 au Mali et 1974 au Niger, les minorités touarègues ont commencé à se manifester auprès de leurs gouvernements respectifs pour faire valoir leurs droits. Leurs nouveaux Etats les ignoraient allant jusqu'à profiter des sécheresses pour faire mourir les populations sans leur faire parvenir les aides envoyées par les pays du Nord.

Durant les années 1980, les exactions militaires sur les populations civiles se multiplient.

 

·             Début de la rébellion au Niger

En 1986 a eu lieu une altercation avec un militaire dans la région de Tahoua (à mi-chemin entre Niamey et Agadez).

L’armée réprime cet accrochage par un massacre des populations civiles touarègues : des puits sont empoisonnés, tuant des vieux, des femmes et des enfants par centaines, ainsi qu’un grand nombre de bêtes.

En 1990, lors d'une conférence nationale pour la démocratisation (Sommet de la Baule initié par François Mitterand pour verser les aides aux pays démocratisés), les militaires expliquent les détails des procédés utilisés pour massacrer ces familles : les officiels applaudissent. Ce scandale est transmis à la télévision nationale.

La jeunesse touarègue choquée décide que le temps de la négociation est révolu. Le mouvement de rébellion se préparait déjà depuis quelque temps. Il éclate alors devant ce scandale incontournable avec la seule méthode radicale : les armes.

 

·             A Tafadek

Le village de Tafadek fut le lieu de quelques affrontements.

De 1989 à 1995, les habitants du village ont dû abandonner leurs maisons pour fuir la répression de l'armée ainsi que le banditisme et les conflits générés par la rébellion.  Ils ont repris leurs tentes et le chemin du nomadisme pour se réfugier dans les montagnes alentours et protéger leurs familles.

Toutes leurs affaires, laissées dans les maisons ont bien sûr été pillées.

Depuis, la pauvreté n'a pas permis de reconstruire les maisons de banco qui nécessitent un entretien régulier. Ils sont donc revenus près des murs des maisons en ruines, complétant les maisons par des abris de bois.

Beaucoup de ces maisons servaient en particulier à abriter les malades qui viennent se soigner dans les sources thermales.